L’année 2026 est marquée par le 15ème anniversaire de nos déjeuners littéraires que nous avons créé avec le Professeur Jean-Pierre Arrignon en 2011. Ce premier déjeuner avait eu lieu, déjà, à l’hôtel de l’Univers, le 17 mars 2011. Nous avions reçu Alain Bournazel venu nous présenter son remarquable ouvrage : « Jeanne d’Arc : 1412-1431, une passion française ».
C’est également le 15ème anniversaire de notre partenariat avec la Grand librairie d’Arras. Nous accueillons son directeur Arnaud Derville.
Ce déjeuner littéraire est organisé en partenariat avec l’association les Amis du Musée d’Arras dont la Présidente est Pascale de Loriol, également secrétaire de notre délégation.
Nous remercions de sa présence Mme Véronique Beirnaert-Mary, directrice du Pôle Culturel Saint-Vaast et Conservatrice du Musée des Beaux-Arts d’Arras.
Dans le cadre du 100ième anniversaire de la disparition de Claude Monet, nous recevons Michel Bernard, haut fonctionnaire français, diplômé de l’ENA, également écrivain, grand Prix de littérature de l’Académie française 2025 pour l’ensemble de son œuvre, auteur de « Deux remords de Claude Monet » Edition de la Table Ronde.

Dans ce roman, Michel Bernard nous raconte l’histoire d’un amour et d’une mort qui hanteront Claude Monet toute sa vie.
Il saisit Monet dans sa globalité : la passion pour la peinture se confond chez lui avec l’amour pour Camille et pour le monde qui l’entoure. Claude Monet réalise la majeure partie de son œuvre, le cœur lourd, de deux disparus : Camille, sa femme et le peintre Frédéric Bazille, son ami. Est-ce les disparitions des êtres chers qui éveillent les remords de ne pas les avoir sauvés ?
Michel Bernard fait la distinction entre l’homme et le peintre. Nous découvrons, Claude Monet, esthète de la vie quotidienne, maître en savoir vivre avec ce qui est bon et beau, aussi bien dans la cuisine que dans la décoration et le jardin.
D’abord à Argenteuil, installé dans une maison avec son épouse et son premier enfant, il va apprendre le jardinage, qui deviendra une passion.
A Giverny, louée puis achetée, cette maison, Claude Monet va l’agrandir, augmenter le jardin et faire creuser un étang et y installer un pont japonais. Il se montre très exigeant et perfectionniste avec son jardin, une dizaine de jardiniers travailleront à son service.
Des parterres fleuris jusqu’au jardin d’eau coiffé de nymphéas, Claude Monet se construisit, au fil de sa vie à Giverny, une palette à ciel ouvert. Un écrin impressionniste qui devint, à la fin de sa vie, l’unique source de son inspiration…
La vente de ses peintures lui permettait de financer les aménagements de sa maison et de son jardin. Il dira « Ma plus grande œuvre est mon jardin ».
Claude Monet et Georges Clémenceau étaient amis, celui-ci aimait le jardinage et lui demandait quelquefois des conseils.
Lorsque Claude Monet fait don à l’État de ses Nymphéas, il impose, sans explication, que l’État achète en échange son tableau « Femmes au jardin », peint soixante ans plus tôt, pourquoi ?
Pour clore son intervention, Michel Bernard nous lit un passage de son livre

« …. A l’arrivée du printemps, après le rude hiver de leur installation à Argenteuil, Monet passa de plus en plus de temps dans le jardin. Dès le réveil, il était attiré vers les fenêtres qui donnaient sur le temps et le ciel…. Chaussé de légers sabots de rentier, vêtu d’une veste usée, aux poches déformées par un sécateur, une serpette et des bouts de ficelle, coiffé d’un chapeau informe, il allait fureter dans les massifs…. Au jardin, comme devant la toile à peindre, il perdait la sensation de l’écoulement du temps et la notion de la durée…. »
Le dernier livre de Michel Bernard « L’automne d’André Derain » vient de sortir aux Editions Les Belles Lettres 2026.

